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jeudi 31 décembre 2009

Un effroyable solstice

Les toits recouverts de neige font doucement miroiter le reflet des étoiles de ce transparent ciel hivernal. De chaque cheminée s'échappe un fin fumet de dinde farcie ou de filet végétarien de soja bio. Les lumières à faible consommation d'énergie clignotent aux fenêtres. Engoncé dans son blanc manteau de calme et de solitude, le petit village d'Innsbrick s'apprête à fêter la naissance du sauveur.

Suivant la coutume locale, chaque habitant a déposé sur la place du village une feuille de houx sur laquelle est inscrite une bonne résolution ou un vœu pour la nouvelle année. Exception faite du vieux prêtre défroqué qui, comme chaque année, ronchonne « Tant que le diable hantera nos contrées, toutes ces bonnes résolutions ne seront que de la farce ».

couronne de solstice

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mardi 28 juillet 2009

17,1 mètres

Mon corps flotte paisiblement à la surface de l'eau, je ferme les yeux et expire doucement. Profondément. Le soleil me caresse le visage. Inspiration. Une voix :
— J'y vais après toi ?

Expiration. J'acquiesce du menton. J'ouvre les yeux, je regarde une dernière fois le ciel bleu. Inspiration. La dernière avant longtemps, très longtemps. Inspiration. Encore une goulée d'air. Je me concentre sur la bouée. Encore une bouffée, inspiration, inspiration, inspiration…

Ma tête a plongé, je tends me jambes. Je sens mes palmes battre l'air vainement, j'aurais dû me lester un peu plus. Je brasse, une fois, deux fois, je suis dans l'eau, je commence à descendre.

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lundi 13 juillet 2009

Le combat quotidien

Noir ! Au loin, une faible lueur semble briller. Loin, tellement loin. À des années lumières. Je tente vainement de tendre mon bras mais l'étau se ressert autour de moi. Ma respiration s'accélère, tout mon être est emprisonné dans de reptiliens anneaux sauvages qui m'enserrent, me compressent.

— Rhaaaa !

Je pousse un râle de violent désespoir, je me débat et finit m'affaisser, vaincu, replongeant dans les ténèbres apaisantes de l'oubli. Mon corps, paralysé, m'abandonne. Je flotte.

— Laisse toi aller ! Semble me murmurer une voix. Laisse toi aller juste quelques minutes. Ta lutte t'a épuisé, respire doucement, de plus en plus doucement…

Une douce chaleur me pénètre, la lueur s'éloigne, je me sens si bien, je m'enfonce…

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dimanche 7 juin 2009

Le piratage

L'autre jour à l'école, on a fait un spectacle pour les parents, un vrai avec une scène et des projecteurs. On était tous habillés avec des lunettes de soleil, des vestes en cuir et on criait « Allumer le feu ! » très fort, c'était terrible. Maixent avait une guitare électrique en plastique et Eudes tapait sur une batterie. Et vous ne devinerez jamais qui la maîtresse avait choisi pour faire le chanteur ! C'est moi ! J'avais un micro en plastique et je levais mes lunettes pour regarder le public. C'était très chouette, on s'amusait bien. Nos parents ont été drôlement impressionnés même que Maman a dit qu'elle n'imaginait pas que nous puissions faire autant de bruit.

Papa il m'a caressé les cheveux avec un grand sourire en faisant « Hé ! Hé ! » et il m'a dit qu'il avait été chanteur dans un groupe et qu'ils auraient certainement sorti un tas d'albums s'il ne s'était pas marié, ce qui m'a étonné parce que je savais qu'il avait failli être international de football mais chanteur, ça c'était nouveau; il est terrible mon papa.

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samedi 16 mai 2009

Les Nons-humains

Nosferatu Suite au concours lancé sur Linuxfr, j'ai pris une soirée pour commettre une petite nouvelle sur le logiciel libre et sa communauté. Je voulais faire un texte accessible au grand public mais, emporté par mon sujet, j'ai lamentablement terminé avec une suite de private jokes à tendance moulesque. Je dédie donc ce texte aux moules de DLFP (dont ceux qui se reconnaitront) et à tous les non-geeks qui prendront la peine de lire l'histoire juste pour le plaisir.

Notez que ce texte a été entièrement rédigé avec Pyroom et relu et corrigé par Groumph, merci à lui !

PDF Les Non-humains (PDF)
Les Non-humains (OpenDocument)



PS : rien à voir mais ceci est mon premier post en Bépo. Ceci explique d'ailleurs mon silence : je tape encore trois fois moins vite qu'avant !

mardi 17 mars 2009

La vie est trop courte

Les pessimistes disent que la vie est une épreuve. Les optimistes, au contraire, soutiennent que tous les bonheurs valent bien quelques petits problèmes de temps en temps. Moi je maintiens que la vie est simplement deux fois trop courte.

Déjà vingt-huit ans ! Le temps passe et il me reste tant à vivre, tant à apprécier. Tant de tant mais si peu de temps. Regarder un paysage et souhaiter que cette seconde dure l'éternité. Ou souhaiter que l'éternité ne dure que cette seconde, je ne sais pas. J'aime la vie. J'aime sentir le vent souffler sur mon visage. Voir son sourire envahir la pièce au rythme des remugles enivrants de son parfum capiteux. Fermer les yeux, respirer. Me blotinner en pensées dans ses grands bras confortables. Le monde est beau et je l'aime.

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jeudi 26 février 2009

Alone

Alone. The sensors of my crashed ship were formal : there was no lifeform on this planet. Not a single drop of water, just a giant desert of dunes. I was alone beneath a splendid sky of unknown stars and I started to name them while walking, toes in the sand. I was talking loudly, pointing my finger at those new constellations.
- Here is the VersionControlTroll ! There the TextEditorFlamewar !
Suddenly, my body was stopped and the shock sent me to the ground.
- Please, pay attention while walking.
- Sorry, I replied.
I rose and continued :
- And this one will be the UselessBlogMeme...


This is my first drabble attempt as an answer to Scott's post. The are lot of other participants but pay attention, some are cheating with their word count ! This is my current favourite but I would have replaced the last "heads" word by "hackergotchies".

mardi 2 décembre 2008

Le conte du mousse et des vingt-neuf navires.

Il était une fois un roi qui désirait étendre son empire. Ses conseillers lui affirmèrent que les terres par delà l'océan regorgeaient, du moins disait-on, de richesses. Notre bon roi pris la décision de construire un navire afin de s'en aller conquérir les pays sauvages. Le garde du trésor affirma que, étant donné les richesses que devrait ramener une telle expédition, l'opération serait plus que profitable. Armés de leur calculs complexes, les savants prédirent que l'équipée mettrait vingt-neuf ans à atteindre l'autre rive et autant à revenir. Fort de sa sapience légendaire, le roi ordonna l'ordre de construire vingt-neuf navires, afin que le délai soit réduit à deux minuscules années.

Et l'on décida de ne plus écouter les savants.

Le chantier était d'une telle ampleur que notre bon roi sentit ses forces le quitter bien avant que la première quille aie frôlé l'onde. Il fit venir son fils aîné et lui confia la tâche de terminer la construction des vaisseaux avant de rendre son dernier soupir.

Devenu roi, le fils aîné alla jusqu'à lever de nouveaux impôts afin de s'acquitter de sa tâche. Lors de l'inauguration des bateaux, il prononça un grand discours et chacun, du plus simple balayeur au maître de cérémonie du palais sentit une bouffée d'orgueil et de fierté à la vue des vingt-neuf magnifiques navires fendant les vagues dans une gerbe d'écume.

Les navires s'éloignèrent et nul n'y pensa plus. Le roi mourut quelques temps plus tard, heureux d'avoir respecté la volonté de son illustre géniteur.

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dimanche 30 décembre 2007

Exploration matinale

Je m'approche doucement du sujet de mon étude. L'important, c'est de ne pas faire de bruit. Il fait sombre mais mes yeux sont habitués à cette demi-obscurité.

Voilà, je les ai repérés. Une grande carapace chaude et molle les recouvre. Ils sont quatre qui dépassent paresseusement de leur abri. Ils ont tous les quatre une forme allongées et sont chacun surmontés de cinq petits appendices de taille variable. Ils bougent paisiblement. Je les effleure, pas de réaction. Je touche un peu plus vivement le premier specimen : il se rétracte immédiatement et un grondement sourd agite l'abri tout entier. Peut-être y suis-je aller un peu fort ?

- Julien, arrête de chatouiller les pieds de ta mère et va te recoucher !
- Mmmm... Un dimanche à sept heur du mat, il est fou ce môme.

lundi 24 décembre 2007

J'emmerde Noël

un conte pour ex-enfants


La nuit était déjà tombée, enfouissant la ville sous une chape de froid et d'obscurité que n'arrivaient pas à réchauffer les nombreuses lampes constellant les façades. Les vitrines des magasins clignotaient de tous leurs feux en une parodie pathétique de cet astre du jour si rare et si avare de ses rayons en cette période de solstice.

La foule se pressait sur les trottoirs, écrasant sous le poids des cadeaux les derniers restes d'une boue fétide qui avait été de la neige, débordant sur les rues où les trop nombreux conducteurs invoquaient les dieux des places de parking à coup de jurons bien sentis.

Tenant fermement la main de sa maman, engoncée dans son adorable manteau rouge orné de pompons blancs, Zoé était triste. Cette année, le père Noël n'était pas passé. Cette année, le pied du sapin restait désespérément vide. "J'ai eu trop de travail ma petite" avait dit Papa. "Mais on ira t'acheter le plus beau cadeau que tu désires ensemble". Zoé avait sourit tristement pour ne pas lui faire de peine.

Tout en contemplant l'armée de genoux qui défilaient devant ses yeux sans la voir, elle réfléchissait. Les papas, ça ne comprend jamais rien. Pourquoi le père Noël aurait-il été mis en retard par le travail de Papa ? Et puis si c'était Papa qui achetait le cadeau, ça lui coûterait de l'argent. Elle ne voulait pas que ça coûte de l'argent à Papa. Pourquoi le père Noël ne passait-il pas ? Lui au moins il avait tout gratuit. Et puis, elle aimait beaucoup son Papa, mais un cadeau du père Noël, ça n'était pas pareil. Il devait bien y avoir une raison pour qu'il ne soit pas venu. Elle avait été sage. Du moins ce qu'il fallait. Il fallait y réfléchir.

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